Le livre et l’auteur

Quatrième de couverture : « Cameroun, 1929. Le docteur Jamot dirige la Mission de prophylaxie de la maladie du sommeil et tente de lutter contre ce fléau. Malheureusement, une bavure médicale survient et provoque une révolte indigène. Damienne Bourdin, jeune Marseillaise, médecin des troupes coloniales, se voit confier la responsabilité d’exfiltrer l’infirmière Débora Edoa, princesse Ewondo, dont la présence sur les lieux de la révolte risque d’engendrer une guerre tribale. »

Editions : Emmanuelle Colas

Pages : 178 (version Kindle)

Mutt-Lon, de son identité réelle Daniel-Alain Nsegbe est un auteur Camerounais d’expression Française née en novembre 1973 et ayant eu plusieurs vies avant de voir son premier roman (Ceux qui sortent dans la nuit, éditions Grasset) publié en 2013. Ce dernier a d’ailleurs remporté le Prix Ahmadou Kourouma en 2014.

Les 700 aveugles de Bafia est son deuxième roman, paru aux éditions Emmanuelle Colas en 2020. Il vit à Douala. (Sources : Wikipédia, éditions Emmanuelle Colas).

Mon ressenti

Nécessaire mais pas transcendent.

En effet, petite information (ou rappel pour ceux/celles qui en auraient déjà entendu parler) sur ce qu’est la maladie du sommeil. Selon le site de l’Institut Pasteur : « la maladie du sommeil, aussi appelée trypanosomose humaine africaine, est due à la présence d’un parasite flagellé (Trypanosoma brucei), injecté dans l’organisme par la mouche tsé-tsé. Durant la première phase de la maladie (stade 1), les parasites présents dans le sang et la lymphe provoquent de multiples symptômes peu spécifiques (…) : fièvre, maux de tête, fatigue, inflammation des ganglions lymphatiques.  Si la maladie n’est pas traitée, les parasites en viennent à envahir le système nerveux central (stade 2). Durant cette seconde phase, des perturbations caractéristiques des cycles veille/sommeil apparaissent. Cette détérioration du système nerveux est fatale en absence de traitement. Durant les deux phases de la maladie, les trypanosomes envahissent également les tissus de certains organes tels que la peau, causant fréquemment un prurit (grattage, ndlr) généralisé. »

C’est une maladie exclusivement Africaine subsaharienne et nul besoin d’être un devin pour imaginer la révolution que cela pouvait constituer dans les années 1930 que de proposer un traitement permettant de la traiter un minimum.  Cependant, aussi efficace que peut être un traitement, s’il est mal utilisé (dose ou fréquence d’administration), il peut être responsable d’effets indésirables de sévérité variable.

Et c’est cela que Mutt-Lon nous propose de découvrir avec cette fiction historique où un subordonné du Dr Eugène Jamot (tous deux ayant réellement existé) a pris des libertés par rapport au protocole de traitement de la maladie du sommeil, avec pour conséquence une cécité irréversible touchant plusieurs centaines d’habitants de la région de Bafia à l’Ouest du Cameroun.

Malgré l’amélioration notable de leur état de santé, la confiance des locaux vis-à-vis des colons reste fragile. Ainsi, la multiplication des cas de cécité puis un trigger (ici un décès plutôt inattendu) ont suffi à mettre le feu aux poudres, d’abord à l’encontre de la mission sanitaire puis à l’encontre d’un groupe ethnique rival, dont fait partie Edoa, issue d’une famille de notables et seule infirmière locale de la mission, (aurait pu être prise à parti par les habitants de Bafia dans leur révolte contre la mission).

Damienne Bourdin, jeune médecin Marseillaise, accompagnée de Ngondo, un pygmée comme guide, est donc envoyée sur les lieux pour tenter de ramener Edoa auprès de sa famille. Ce faisant, elle découvrira un monde et une culture qu’elle ne connaissait pas et reviendra sur le parcours – semé d’embûches – qui l’a mené là.

Avec ces deux personnages féminins, Damienne et Edoa, l’auteur met en avant ces femmes qui n’ont pas baissé les bras ni la tête dans un milieu et à une époque où on leur faisait peu de place. Elles ont su s’imposer et marquer les esprits.

Cela dit, comme mentionné plus haut, ma lecture ne m’a pas transportée plus que cela. J’ai trouvé que le point de vue des Français était bourré de clichés (quoique c’était peut-être pour coller à la réalité du caractère paternaliste et ignorant des colons à l’époque) et que les personnages manquaient de profondeur. Ils m’ont tous semblé distants et je ne me suis vraiment attachée à aucun d’entre eux.

En somme, Les 700 aveugles de Bafia vaut le détour en raison du fait historique qu’il met en lumière. Maintenant, pour les lecteurs/lectrices qui recherchent un « lien » avec les personnages (dont je fais partie), ce n’est pas convaincant à mon avis. Pour ceux/celles qui sont plutôt à la recherche d’un récit dynamique, rythmé sur fond d’histoire vraie, vous êtes au bon endroit. Comme d’habitude, si vous connaissiez déjà, n’hésitez pas à partager votre ressenti dans les commentaires.

Sur ces mots, je vous dis à bientôt pour un nouvel article. Prenez soin de vous.

Bisous.


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