Le livre et l’autrice
Que feriez-vous si votre petite sœur vous appelait pour vous annoncer qu’elle vient de commettre un meurtre ? Option 1 : vous l’encouragez à se dénoncer aux forces de l’ordre pour tenter d’éclaircir la situation et éviter une peine trop lourde. Option 2 : vous la dénoncez vous-même, parce que bon, la loi c’est la loi, même pour la famille. Option 3 : vous la rassurez et trouvez une solution pour couvrir son méfait et faire disparaître les preuves.
C’est la dernière option que Korede, sœur aînée de Ayoola a choisi non pas une, ni deux mais trois fois, à chaque fois que celle-ci avait fini par abattre son amant du moment. Mais à un moment, ramasser les pots cassés de sa petite sœur commença à sérieusement l’agacer. Et lorsque Ayoola jeta son dévolu sur Tade, jeune médecin avec qui Korede travaillait et qui ne la laissait pas indifférente, celle-ci se retrouva face au choix crucial entre protéger sa sœur et épargner la vie de son jules…
Editions : La Croisée Delcourt Littérature
Pages : 240
Oyinkan Braithwaite est une romancière Nigériane, autrice de romans policiers, née à Lagos en 1988. Après un temps en Angleterre où elle a étudié le droit et la création littéraire, elle revient à Lagos en 2011.
Ma sœur, serial killeuse (VO : My Sister the Serial Killer) voit le jour pour la première fois en 2018 aux Etats-Unis d’Amérique avant d’être traduit en France en 2019. Il connaîtra un succès non négligeable se traduisant par les Prix Anthony et Barry 2019 du Meilleur premier roman. Il sera également sélectionné pour le Booker Prize et sera finaliste du Baileys Women’s Prize for Fiction cette même année. (Sources : Babelio, Wikipedia).
Mon ressenti
Une lecture distrayante mais qui ne restera pas sur mes étagères.
Oyinkan Braithwaite nous plonge dans cette relation particulière entre deux sœurs où l’une a tendance à poser des actes sans se soucier des conséquences alors que l’autre doit constamment assurer ses arrières avec un style dynamique, marqué par une narration à la première personne (Korede, l’aînée), des chapitres courts et des dialogues à foison, ponctué d’éléments de la langue locale.
Nous côtoyons donc Korede, ses intentions et ses pensées les plus intimes ainsi que son énervement croissant au sujet de sa sœur sans pour autant arriver à lui imposer un point d’arrêt dans son insouciance. A ses côtés, l’autrice nous invite à réfléchir sur le poids des responsabilités pesant sur les aîné.e.s (alors qu’ils/elles n’ont rien demandé) ; le jugement sur le physique des femmes ; le machisme et la pression au mariage dans la société Nigériane par exemple.
Et en ce qui concerne Ayoola, il est plutôt question du « beauty privilège » (parce qu’elle a un joli minois, elle paraît innocente et tout le monde se met à ses pieds) ; de la chosification des femmes mais surtout, je trouve, de la façon dont une femme aborde et vit ses relations amoureuses hétérosexuelles selon ce qu’elle a connu comme cadre familial et relation avec son père.
J’ai pris beaucoup de plaisir au début de ma lecture puis j’ai commencé à me lasser vers les 2/3. J’avais en effet l’impression qu’on tournait en rond avec les plaintes incessantes de Korede mais qui accourrait aussitôt à la rescousse de sa sœur lorsque celle-ci se mettait à nouveau dans les problèmes. Et la fin m’a laissé perplexe. Je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher votre plaisir si vous souhaitez découvrir l’histoire.
En somme, pour un premier roman, Oyinkan Braithwaite a réussi à marquer les esprits malgré une histoire qui a tendance à s’éterniser et dont on finit par attendre le dénouement avec impatience. Elle a publié son troisième roman il y a peu et j’ai quand même hâte de le lire. Si vous avez déjà lu Ma sœur, serial killeuse, n’hésitez pas à partager votre ressenti dans les commentaires.
Pour ma part, je vous dis à bientôt pour un nouvel article. Dans l’intervalle, prenez soin de vous.
Bisous.

