« Nous ne sommes pas des chiens! » – La grève des Bàttu de Aminata Sow Fall

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Hello les amis, ça a été votre rentrée? 🙂

Le livre et l’auteur

« Nous ne sommes pas des chiens! poursuit Nguirane Sarr » p.46 pour exprimer sa colère et son indignation vis-à-vis de ces hommes haut placés qui les traitent, eux, les mendiants comme des moins-que-rien. J’y reviendrai plus bas.

Aminata Sow Fall est une écrivaine sénégalaise, parmi les plus célèbres, née à Saint-Louis en 1941. Professeure de Lettres, détachée à la Commission de réforme de l’enseignement du français, elle dirige depuis 1987 le Centre Africain d’Animation et d’Echanges Culturels, à Dakar, où elle vit. Elle est également la fondatrice et directrice des Editions Khoudia.

La Grève des Bàttu ou Les Déchets Humains est l’une de ses œuvres les plus connues, qui lui a valu le Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire en 1980 et a été adapté au cinéma en 2000 par le réalisateur Cheikh Oumar Cissoko.

La Grève des Bàttu est un petit roman au format poche, de 170 pages à peine, publié aux Editions Motifs. Il se lit rapidement, en une après-midi, c’est bouclé.

L’histoire raconte comment Mour Ndiaye, directeur du service de la salubrité publique, dans un souci de développement du tourisme (et donc de développement économique) a demandé à ce que la Ville (ici sans nom) soit débarrassée de tous les mendiants qui s’y bousculaient avant de se rendre compte de son erreur. Petite remarque, « bàttu » désigne la petite calebasse tendue par les mendiants pour demander l’aumône.

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Mon ressenti

La leçon essentielle qui se dégage de l’histoire est la suivante: tout humain mérite respect et considération quel que soit son statut. Parce que quoi qu’il en soit, nous vivons en société et avons (ou aurons) besoin les uns des autres. Celui que vous méprisez aujourd’hui pourrait être celui qui vous sortira d’affaire demain. Mour Ndiaye l’aura appris à ses dépens.

Cela ne veut pas dire qu’il faille toujours faire des gestes intéressés en attendant que cela nous soit rendu mais il faut donner, écouter, soigner quand on peut. Si celui/celle à qui vous rendez service ne peut vous le rendre, la vie vous le rendra. Puis je trouve qu’il y a toujours un petit sentiment de bonheur lorsqu’on aide son prochain et c’est déjà beaucoup 🙂

Autre point, dans le récit, l’on se rend compte que le terme « marabout » à connotation négative d’habitude désigne des hommes plein de sagesse que vont consulter les gens pour régler des soucis dans leur vie ou s’attirer la bénédiction de Allah. Cela n’a rien de sombre ou de satanique.

Enfin, dernier point de ma lecture (eh oui il n’y a pas beaucoup à dire vu la taille du livre), ce fut la perception de la femme dans la société de Mour Ndiaye. Elle en est encore à juste être bonne pour la maison, les enfants et sauvegarder l’honneur de sa famille en ne s’offusquant pas jusqu’à quitter le foyer conjugal si jamais son mari décide de prendre une seconde épouse.

Je pense qu’une femme peut faire une bonne mère au foyer tout en étant instruite et en ayant un boulot. Puis en ce qui concerne la polygamie, pour moi, c’est non. Malheureusement, cette vision est encore répandue dans plusieurs pays de ce monde. Ce que je trouve fort dommage.

Après, la lutte pour les droits de la femme se poursuit toujours et j’espère qu’un jour, cela rentrera dans les mœurs qu’une femme mérite respect, qu’elle a le droit de se faire entendre, qu’elle n’est pas juste là pour porter des enfants et s’occuper du foyer mais qu’elle a sa place dans les institutions de la société.

Cet article prend fin ici. Il fut court mais cela ne fait pas de mal de temps en temps. J’ai passé un agréable moment de lecture entre colère et rires. N’hésitez pas à vous le procurer, c’est également un classique de la littérature africaine. Pour ceux qui comme moi avaient négligé leurs classiques Africains au lycée, il n’est jamais trop tard 😉 l’achat, c’est par ici. A Lomé, consultez toujours les mêmes points de vente.

Prenez soin de vous et à bientôt pour un nouvel article.

Bisous.

 

 

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