Le livre et l’auteur
Avril 1994. L’avion transportant le président Rwandais Hutu et son homologue Burundais vient d’être abattu par des missiles. Cet évènement signe le départ de tueries en masse visant une partie de la population: les Tutsi. Pendant une centaine de jours, ces derniers seront les victimes d’un génocide savamment orchestré.
Quatre ans plus tard, un collectif d’auteurs se rend sur place pour tenter de retracer les événements avant, pendant et après la tempête, aussi bien du côté des bourreaux que des victimes.
Editions : Zulma
Pages : 224
(Information : cet article est une version légèrement modifiée d’un post Instagram fait sur cette œuvre il y a déjà plusieurs mois. Je souhaitais quand même le publier pour en garder une trace sur une plateforme qui « m’appartient » contrairement à Instagram. Sur ces mots, je vous souhaite une bonne lecture 😊)
Boubacar Boris Diop est un romancier, journaliste et essayiste Sénégalais né à Dakar en 1946.
Murambi, le livre des ossements a vu le jour en 2000 dans le cadre d’un projet d’écriture avec d’autres auteurs sur le génocide des Tutsis au Rwanda. Une version enrichie par une postface de l’auteur a été publiée en 2011.
Boubacar Boris Diop a remporté le Grand Prix d’Afrique pour l’ensemble de son œuvre en 2000 puis le 22e Prix International Neustadt pour la littérature en 2022. (Sources : éditions Zulma, Babelio, Wikipédia).
Mon ressenti
J’ai lu Petit Pays de Gaël Faye il y a déjà un certain nombre d’années. Je n’en ai plus beaucoup de souvenirs si ce n’est que l’action se déroulait essentiellement au Burundi voisin et non directement au Rwanda. Ce fut mon premier contact avec le génocide des Tutsis.
Puis les années ont passé et à l’occasion de la trentième année (2024) de cette tragédie ayant marqué l’histoire Africaine (et mondiale) contemporaine, je me suis intéressée à l’œuvre de Boubacar Boris Diop. A l’issue de ma lecture, j’ai compris pourquoi Toni Morrison a dit de ce livre qu’il est « un miracle ».
En effet, il aurait pu ne pas voir le jour et ne pas être écrit de la « bonne façon » au vu du sujet délicat qu’il traite. Mais là, nous avons à faire à une œuvre magistrale, juste, difficile à lire mais nécessaire. Nécessaire pour se rappeler et éviter que de pareilles tragédies ne se répètent.
Alternant les points de vue, Boubacar Boris Diop nous plonge dans les pensées et les motivations des génocidaires, mais aussi dans la terreur, le traumatisme et le dur travail de reconstruction après les faits pour les victimes. Le tout sans omettre l’implication des puissances coloniales (notamment de la France) et en prenant un évènement bien précis qu’a été le massacre sur le site de l’école technique de Murambi, orchestré par des autorités Hutu faussement favorables aux Tutsis.
La postface de cette édition, écrite par l’auteur et révélant lui-même son ignorance de la situation rajoute une profondeur à l’œuvre. En effet, à l’époque, plusieurs personnes ont préféré détourner le regard plutôt que de s’y intéresser véritablement. Par ailleurs, il est revenu sur les origines des différends entre les Hutus et les Tutsis, favorisés par les colons.
Aujourd’hui, Murambi est devenu un centre commémoratif du génocide, inscrit au patrimoine de l’Unesco et accessible au public.
En somme, Murambi, le livre des ossements est à lire. Cependant attention, certaines descriptions peuvent choquer et durablement marquer le/la lecteur/lectrice (TW agressions et meurtres à l’arme blanche, viol, xénophobie, descriptions graphiques). Si vous l’avez déjà lu, n’hésitez pas à partager votre ressenti dans les commentaires.
Sur ce, je vous dis à bientôt pour un nouvel article et dans l’intervalle, prenez soin de vous.
Bisous.

