Funérailles Célestes – Xinran

Bonjour/bonsoir tout le monde!

On se retrouve aujourd’hui pour le premier article de ma catégorie « Ailleurs dans le monde » où je vous emmène découvrir le Tibet (du moins une partie) à travers Funérailles Célestes de Xinran 🙂

Attention, une partie du contenu de cet article pourrait en choquer certains donc accrochez-vous et restez ouverts.

L’histoire

Nous sommes dans les années 50. Le conflit entre la Chine et le Tibet fait rage. Shu Wen, une jeune femme récemment diplômée en médecine, reçoit une missive qui lui annonce la mort de son mari Kejun, médecin également, parti avec les expéditions Chinoises, sans explications sur « l’incident » qui l’aurait emporté. Ils étaient mariés depuis à peine 3 mois. Shu Wen décide donc de partir à sa recherche sur une terre complètement inconnue. Après quelques péripéties, elle sera recueillie par une famille Tibétaine qui partagera avec elle son quotidien, les traditions Tibétaines et qui l’aidera à lever le mystère qui couvre la mort de son mari. 

L’auteur et le livre

L’auteur Xinran, est une journaliste et écrivaine Chinoise née en 1958 à Pékin dans une famille aisée, ce qui lui valut de se retrouver très tôt séparée de ses parents, emprisonnés, et d’être placée dans un orphelinat militaire avec son frère.

Elle devient journaliste en 1989 et anima une émission radio « Mots sur la brise nocturne » qui pour la première fois, donnait la parole aux femmes. L’émission connut un vrai succès de 1989 à 1995 avec des voyages à travers la Chine et au Tibet. Malgré ce succès, Xinran décida de partir à Londres en 1997. Elle y travailla pour The Guardian et la BBC.

En 2002, elle publie Chinoises, son premier livre, qui est plus un document regroupant des témoignages abordant les différents aspects de la vie des femmes. Il devient un best-seller international.

En 2004 – 2005, elle publie Funérailles Célestes dont l’histoire vous est résumée un peu plus haut. Il s’agit d’une histoire vraie et Xinran se considère plus comme une journaliste qui retranscrit les diverses interviews qu’elle a pu faire, dans ses œuvres qu’une auteure de fiction.

Le livre fait 220 pages, remerciements et postface inclus. Il est publié dans un format poche aux éditions Philippe Picquier, connues justement pour la publication d’œuvres de littérature Asiatique. L’écriture n’est pas trop petite et le livre se lit assez rapidement.

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Mon ressenti

Je suis partagée en ce qui concerne le livre. J’ai bien aimé tout comme je n’ai pas apprécié. Je vais commencer par ce que je retiens de positif de ma lecture, qui se rapporte à la découverte de quelques aspects de la vie Tibétaine.

Tout d’abord, l’on se rend compte que les Tibétains (du moins tels que décrits dans le livre) vivent beaucoup en harmonie avec la nature pour laquelle d’ailleurs ils ont beaucoup de respect. Ils s’adaptent aux saisons et font leur vie en fonction de celles-ci. La famille dans laquelle atterrit Shu Wen est une famille de nomades et il faut se déplacer régulièrement aux changements de saisons. S’orienter dans de vastes plaines et sur de hautes falaises sans boussole et savoir reconnaître à quel moment il vaut mieux être près des montagnes, ou sur les pentes demande une connaissance qu’on acquiert sur le terrain et non quelque chose que l’on apprend à l’école.

De plus, cette façon de vivre en harmonie avec la nature est étroitement liée avec la spiritualité des Tibétains, telle que décrite dans le livre et telle que j’ai pu le voir dans un documentaire (« Dans les terres du Sichuan » sur Arte Replay. Je ne sais pas s’il est encore disponible). Par exemple, ils gravent leur mantra sacré Om Mani Pedme Hum, prononcé déjà plusieurs fois par jour, sur des pierres/rochers en espérant être protégés des esprits malins.

Et j’avais vu dans ce documentaire que dans une autre partie du Tibet, ils écrivaient leurs prières sur des feuilles de papier (ou des bouts de tissu, je ne sais plus trop) qu’ils accrochaient au-dessus des courants d’eau en croyant que le vent qui passait à travers emporterait leurs prières. Je ne sais pas pour vous, mais je trouve cela très beau. Etre à l’écoute de la nature et se dire qu’elle fait partie de quelque chose de plus grand qui nous écoute et qui veille sur nous.

Toujours en référence à cette harmonie avec la nature, l’on retrouve la tradition qui a donné son nom au livre qui est celle des funérailles célestes. Seuls les lamas (guides spirituels du Tibet) ont l’honneur d’être incinérés et de voir leurs cendres conservés. Un tibétain lambda a droit à une cérémonie particulière où le corps, une fois lavé et préparé est donné à manger aux vautours. Comme Shu Wen, vous trouverez probablement cela répugnant au premier abord mais Zhuoma, la première tibétaine qu’elle rencontrera lui expliquera « que ce rituel n’était que l’une des manifestations de l’harmonie entre le ciel et la terre, la nature et l’homme. » p.116

C’est également ce que lui expliquera un maître de cérémonie qu’elle rencontrera plus tard: « (…) Les hommes font partie de la nature. Nous arrivons dans ce monde de façon naturelle et nous le quittons de façon naturelle. La vie et la mort font partie de la roue de la réincarnation. La mort n’est pas à craindre. (…) Le cadavre devient une offrande aux esprits et nous les invoquons pour qu’ils emportent l’âme au ciel. (…) ». p. 168.

Ainsi, une fois le corps lavé et préparé, un jour est décidé et celui-ci est porté par une personne désignée sur le lieu du rituel, le plus souvent proche d’un monastère. Des lamas psalmodient des textes sacrés tout au long de l’acheminement du corps pour libérer l’âme du corps.

Une fois sur place, le corps est démembré selon un ordre donné, les os sont broyés par une personne chargée de le faire et le tout est mélangé avec de la farine d’orge et du beurre de yak. Pendant ce temps les amis du défunt tiennent à distance les rapaces volants au dessus du charnier.

En effet, rien ne doit perturber ce moment parce que les Tibétains croient que des démons pourraient venir voler l’esprit si le travail n’est pas bien fait. De plus, une fois cette phase de préparation terminée, ils s’attendent à ce que le corps soit dévoré en entier pour assurer l’ascension de l’âme et éviter un vol par des démons. Ainsi personne ne doit interrompre les vautours une fois qu’ils ont accès au corps.

Les vautours sont considérés comme sacrés au Tibet, étant perçus comme des équivalents d’anges qui vont porter l’âme du défunt aux cieux. De plus, cet acte est vu comme vertueux dans la mesure où cela permettrait d’éviter que les vautours n’aillent manger d’autres petits animaux dans la nature. Bien sûr, toute cette cérémonie est interdite aux personnes étrangères à la famille ou aux habitués locaux. Ce n’est pas une occasion pour aller faire du voyeurisme.

Bref, cela peut repousser au premier abord mais en y pensant et en essayant de comprendre, l’on se rend compte que ce n’est pas « barbare » ou « dégoûtant ». Du moins c’est mon avis. Quoi qu’il en soit, même lorsque l’on enterre quelqu’un, le cadavre se détériore et d’autres bébêtes se chargent de faire le boulot. Donc, le « retour à la nature » est assuré dans les deux cas.

Avant de passer à ce qui m’a le moins plu dans ma lecture, je terminerai avec cette dernière découverte, ce qui est appelé la polyandrie fraternelle. Dans les familles tibétaines, il faut qu’il y ait au moins un garçon envoyé au monastère pour devenir moine et les autres frères de la fratrie se prennent une même femme. Cette pratique est également présente dans certaines régions de Chine, d’Inde, et du Népal

Cette façon de faire a pour but d’éviter la division du patrimoine familial, partager le niveau de travail, d’améliorer la qualité de vie et de limiter la croissance de la population dans un milieu où les ressources sont limitées. Le frère aîné est celui qui détient l’autorité et cela peut créer des tensions avec les plus jeunes. A noter quand même que c’est une façon de faire qui est en régression.

Pour finir, voici ce qui m’a un peu dérangé durant ma lecture: le temps utilisé pour la narration. Quand on lit, on a tendance à se jouer les scènes devant les yeux ou dans sa tête. Et pour cela, le temps utilisé pour la narration est très important. J’ai trouvé que l’auteur était plus dans la « déclaration » que dans la « narration » et de ce fait, les événements de mon point de vue ne s’enchaînaient pas de façon fluide mais plutôt par à-coups.

Un petit exemple: « (…) une fois en route, la femme est tombée dans un sommeil hébété et Wen a expliqué aux soldats qu’elle était probablement restée sans manger ni boire pendant plusieurs jours (…) » p.44. Moi je l’aurais plutôt écrit comme suit: « une fois en route, la femme tomba dans un sommeil hébété et Wen expliqua aux soldats qu’elle avait dû probablement rester sans manger ni boire pendant plusieurs jours ».

Peut-être que certains n’y verront pas de grande différence ou ne seront pas particulièrement dérangés mais j’ai passé toute ma lecture à faire des corrections dans ma tête dans le sens qui me paraissait le plus juste. Après, le texte étant initialement écrit en Chinois, il se peut que ce soit des erreurs de traduction mais je vous avoue que cela m’a bien embêté.

Enfin bon, ce fut tout de même une découverte intéressante. En plus des points cités plus haut, j’ai pu apprendre ce que c’était qu’un yak (eh oui je ne savais pas ou du moins j’avais déjà vu des images de cet animal sans savoir comment il s’appelait), j’ai pu saisir l’importance de l’orge dans les habitudes alimentaires tibétaines (cela ne sert pas qu’à faire de la bière 😛 ) et ai tout simplement appris quelque chose de nouveau sur une partie de notre vaste monde.

Je vous mets le lien pour vous l’acheter ici. Je vous mettrai également les quelques liens qui m’ont permis de rassembler les informations complémentaires dont j’ai eu besoin pour écrire cet article.

Prenez soin de vous et je vous dis à bientôt pour un nouvel article.

Bisous.

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