Feuilles d’automne – Adeline Yen-Mah

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Hello tout le monde! C’est la rentrée. J’espère que vous avez passé de bonnes vacances et que vous avez plein de projets pour cette rentrée. Nous sommes en septembre et l’automne frappera bientôt à nos portes. D’ailleurs l’article du mois n’aurait pas pu être mieux choisi et je vous assure que ce n’est que quelques jours avant sa publication que je me suis rendue compte que le titre collait plutôt bien à la saison qui approche 🙂 Bon, trêve de bavardages, passons à la suite!

L’histoire

Dernière enfant d’une fratrie de cinq, Adeline Yen n’aura pas la chance de connaître sa mère biologique, décédée dans les suites de sa naissance. Elle grandira ainsi sous le joug de Niang, la seconde épouse de son père qui n’hésitera pas malmener les enfants issus du premier mariage, malgré tous leurs efforts pour rentrer dans ses bonnes grâces. Même si une partie de son enfance fut sauvée par sa tante Baba, elle se retrouvera placée dans un orphelinat et isolée de tous, où la lecture lui permettra de traverser les moments difficiles de son existence. Plus tard dans sa vie d’adulte, le racisme, le sexisme ou les violences conjugales auxquels elle fera face, n’entameront pas sa volonté d’aller de l’avant, malgré le vide laissé par le manque d’amour et d’affection véritables dans sa famille.

A travers Feuilles d’Automne, c’est sa vie que Adeline Yen-Mah nous raconte : de son enfance difficile à ses années d’études en Angleterre avant de finir par trouver le grand amour et le bonheur, son parcours en touchera plus d’un.

Le livre et l’auteur

Remarque : ce livre étant une autobiographie, cette partie reprendra quelques éléments de l’introduction.

Adeline Yen-Mah est une auteure Chinoise, issue d’une famille aisée, née en Chine à Tianjin dans la cité coloniale de Shanghaï en 1937 alors que ses parents fuyaient l’avancée des troupes japonaises lors de la seconde guerre sino-japonaise (1937-1945). Sa mère étant décédée dans les suites de son accouchement, son père se remarie à une séduisante Franco-Chinoise, surnommée Niang qui lui en fera voir des vertes et des pas mûres.

Lorsqu’en 1947, la famille fuit le péril communiste en quittant Shanghaï, Adeline est laissée seule à Tianjin, placée dans un orphelinat français où elle découvrira son amour pour les lettres. C’est d’ailleurs grâce à ce dernier qu’elle pourra gagner auprès de son père le droit d’aller poursuivre ses études en Angleterre. Elle voulait étudier la littérature mais son père lui mit la pression afin qu’elle fasse des études médicales.

Ses études achevées, et devenue médecin anesthésiste, elle s’installa un moment aux USA où elle se maria sans réellement y trouver son bonheur. Quelques années plus tard, la vie lui sourit enfin lorsqu’elle rencontra son second mari avec qui elle vit aujourd’hui entre la Californie et Londres. Elle a deux enfants, issus de ses deux unions.

Mon ressenti

J’ai beaucoup apprécié ma lecture. Adeline est touchante quoique exaspérante par moments. En effet, en raison de l’absence de sa mère et des manigances de Niang, sa belle-mère, elle manqua énormément d’affection. Même ses frères et sa sœur, pour gagner les faveurs de Niang n’hésitèrent pas de temps en temps à la snober alors qu’aux yeux de cette dernière, ils étaient tous logés à la même enseigne. J’ai grandi entourée d’une famille aimante et de parents attentionnés et je ne pense pas réellement imaginer ce que cela peut être de grandir dans un environnement où l’on vous fait clairement sentir que vous êtes indésirables.

Je peux comprendre que cela soit difficile mais là où j’ai trouvé Adeline exaspérante et un peu naïve, c’est lorsque même adulte, elle faisait des efforts pour tisser des liens dans sa famille alors qu’il était évident que les autres membres n’en avaient plus rien à faire et n’agissaient plus que par intérêt vis-à-vis de Niang ou de leur père.

C’est l’un des points qui rend délicat les remariages avec les familles recomposées qui s’en suivent. Rien ne garantit l’entente entre les nouveaux membres de la famille. La jalousie peut faire faire des choses aux gens : le nouveau/la nouvelle conjoint/e peut vouloir vous garder pour lui/elle ou alors vos enfants, qui eux ne voulant pas de beaux-parents, pourraient vous monter l’un contre l’autre. Je ne dis pas qu’il n’est pas bon de se remarier mais trouver quelqu’un avec qui cela passe dans les deux sens n’est pas chose facile. Et il revient aux parents de conserver un minimum de discernement vis-à-vis de leurs enfants et de leurs conjoints.

A mon avis, si la relation avec vos enfants n’était pas top avant l’arrivée du nouveau membre de la famille, si les intentions de ce dernier/cette dernière ne sont pas bonnes, il y a un risque que cela retombe sur vos enfants. Et c’est pareil si vous aviez une relation profonde avec vos enfants, ce qu’ils vous diront pourraient vous faire voir votre « moitié » d’une autre façon. Je ne vis aucune de ces situations mais je pense que la clé de relations réussies, reste la communication, la mise en confiance de l’autre afin qu’il n’y ait pas de surprises désagréables par la suite. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Par la suite, comme je le disais dans le résumé qui sert d’introduction, Adeline a dû faire face au racisme et au sexisme lors de ses années d’études de médecine en Angleterre et lorsqu’elle commença à travailler. En ce qui concerne le racisme, j’avoue n’avoir jamais lu l’expérience d’un asiatique, plus précisément ici une Chinoise, victime de comportements/propos racistes provenant des Occidentaux.

Ce qui m’emmena à me demander pourquoi les Occidentaux avaient cette sorte de « complexe de supériorité » et ne pouvaient s’empêcher de pointer la culture d’autrui (si ce n’est la personne même) comme étant inférieure à la leur/à eux, singeant sa façon de parler comme si celui-ci ne pouvait comprendre distinctement ce qu’on lui disait et que l’on était obligé de l’infantiliser ? Qu’est-ce que cela peut faire que quelqu’un soit juste différent d’eux sans qu’il ne soit question de supériorité/d’infériorité ? De norme et de « pas norme » ?

Le vécu d’Adeline, tel qu’elle le raconte en tout cas est comparable en de nombreux points à ce qu’aurait vécu une personne Noire à sa place. Peut-être que certains comportements auraient été plus accentués mais le fond est le même (il n’est pas question ici de savoir qui souffre le plus). On ne vous accorde pas la même place qu’un Blanc lambda. Et ceci était comme cela bien avant même qu’elle ne quitte l’Angleterre.

Au cours de son enfance, elle raconte qu’il y avait des quartiers Français ou Anglais non loin de là où elle habitait. Et n’y étaient autorisés que les Chinois qui avaient un certain statut socio-économique. C’était une sorte de réussite que de pouvoir côtoyer des Blancs. Les Occidentaux étaient la norme (ou du moins ont tout fait pour y arriver) et tout le monde voulait leur ressembler. A tel point que certains chercheront plutôt à épouser un Blanc/une Blanche que quelqu’un de leur communauté. Et lorsqu’ils y arrivaient, c’était comme un trophée qu’ils pouvaient exhiber aux yeux de leur communauté comme aux yeux des Occidentaux à l’époque.

Ceci est toujours valable aujourd’hui. Peut-être un peu (un tout petit peu) moins mais il persiste de nombreuses personnes Noires ou des pays Asiatiques qui pensent que tout ce qui vient du Blanc ou ce qui est Blanc est meilleur. Tout cela découlant du racisme. Bref, les premiers Occidentaux partis à « la conquête du monde » ont « réussi leur mission », à coups de violences et de lavage de cerveau. Ils ont réussi à faire croire aux autres peuples qu’être Blanc était la norme au point où certains en arrivent à renier leur identité et à les aduler. Ce qui est bien dommage. Chaque peuple possède son histoire, ses richesses et personne ne devrait essayer de s’imposer à autrui mais bon, l’histoire est comme elle est. Nous pouvons juste à ce jour essayer de conscientiser nos jeunes et faire en sorte que « les minorités » (ce terme me fait bien rire) deviennent « la norme » au même titre que les Occidentaux.

Quant au sexisme dont fut victime Adeline, cela commença déjà chez elle. Et c’est ce que je voulais souligner. Le sexisme ce n’est pas que dans le monde du travail mais souvent bien avant, à domicile où les filles et les garçons ne sont pas traités de la même façon. Adeline vit ses frères encouragés à faire des études à l’étranger tandis qu’elle dût forcer un peu la main à ses parents pour bénéficier du même traitement. Il est essentiel que cela cesse et que les parents encouragent aussi bien leurs garçons que leurs filles à réaliser des choses dans la vie. Une femme peut très bien apprendre à coudre et faire des études tout comme un homme peut travailler et s’occuper de son foyer. Là il est question de sexisme à la maison mais celui qui fait encore énormément débat de nos jours est celui qui règne dans le monde du travail.

Déjà que les femmes sont perçues comme ne pouvant faire certains métiers, celles-ci dans d’autres domaines sont moins payées que les hommes. En effet, Adeline bien que diplômée en médecine comme les autres médecins hommes de sa promotion, était payée moins alors qu’ils faisaient le même nombre d’heures et avaient des compétences similaires. Récemment dans les médias, il a justement été question d’égalité dans la rémunération des femmes par exemple au cinéma qui touchaient moins que les acteurs hommes alors qu’elles tenaient des rôles principaux ou encore le fait qu’à partir d’une certaines heure, celles-ci touchaient moins que les hommes dans la même entreprise. Encore une fois, pourquoi ? Qui a décidé que les femmes valaient moins ou étaient moins intelligentes que les hommes ? Ce monde me désespère par moments.

Et pour finir, il y a les violences conjugales dont fut victime Adeline et son fils issu de son premier mariage. Elle hésitait à quitter son mari parce qu’elle craignait que ses parents lui reprochent l’échec de son mariage. Encore un autre fardeau déposé sur les épaules des dames. Le bonheur dans le foyer, la réussite d’un mariage incombent à elles seules selon la société (les hommes). Puis dans le cas d’Adeline, le fait qu’elle ait un travail assez prenant qui plus est avec un salaire plus conséquent que celui de son mari déplaisait à ce dernier. L’égo de certains hommes est vraiment fragile. Ils ne supportent pas de voir une femme réussir alors que leur vie professionnelle n’est pas aussi brillante. Mesdames, la réussite d’un mariage ne dépend pas que de vous. Si vous n’y êtes pas heureuse, vous pouvez essayer dans un premier temps d’arranger les choses mais si cela vous est trop difficile, trop douloureux, d’autant plus si vous êtes battues, partez.

Je sais bien que c’est facile de le dire comme cela lorsque l’on n’est pas concerné mais aucune femme ne devrait accepter qu’un homme lève la main sur elle ne serait-ce qu’une fois. Et fuyez ceux qui n’ont pas confiance en eux, qui vous reprochent de trop travailler et de ne pas leur accorder assez de temps. C’est la porte ouverte pour des excuses bidon derrière les actes de violence qu’ils pourraient commettre envers vous (une façon de rejeter la faute sur vous).

Je ne dis pas qu’il faille laisser son foyer derrière soi et se consacrer entièrement à son travail mais trouvez quelqu’un avec qui vous formez vraiment une équipe. Prenez le temps de vous connaitre, de discuter des questions « épineuses » sur le travail, sur le salaire, la gestion du foyer, etc. avant de vous engager. Du moins, moi c’est ce que je ferais. Après, bon on peut prendre toutes les précautions possibles, certaines personnes sont quand même douées pour cacher leur jeu. Et encore une fois dans ce cas, si vous n’êtes pas à l’aise, rappelez-vous que la porte est ouverte. Ou qu’il y a des gens autour de vous qui seront disposés à vous aider, même s’il ne s’agit pas de votre famille.

Je vais m’arrêter ici. Ce fut vraiment une lecture agréable – triste et révoltante par moments – que je vous recommande. Le livre est disponible ici. Prenez soin de vous et à bientôt pour un nouvel article.

Bisous.

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