Un piège sans fin – Olympe Bhêly-Quenum

Le livre et l’auteur

Ahouna, fils d’agriculteur-éleveur au Nord bu Dahomey (actuel Bénin), amateur de musique, vivait paisiblement sa vie avant de rencontrer Anatou, celle qui deviendra sa femme. L’amour vit très vite le jour entre eux et ils ne tardèrent pas à se promettre l’un à l’autre pour le restant de leurs jours. Puis un beau jour, Anatou perdit la tête et se mit à accuser Ahouna d’infidélité. Au fur et à mesure des jours, lassé des accusations portées à tort contre lui, Ahouna décida de quitter le domicile conjugal et prit la route pour se rendre au Sud du Dahomey. Chemin faisant, secoué par des émotions diverses, il commit l’irréparable et finira en prison dans la capitale. Il était bien loin de s’imaginer le sort qui l’attendait…

Pages : 284

Editions : Présence Africaine

Olympe Bhêly-Quenum est un auteur Béninois né à Ouidah le 20 septembre 1928. Fils d’une grande prêtresse du Vodoun, il est le neveu de l’ethnologue Dahoméen Maximilien Quenum-Possy-Berry.

Après ses études primaires au Bénin, il arrive en France en 1948 où il obtiendra son baccalauréat au lycée de Rennes. Par la suite, il sera titulaire d’une licence en lettres classiques à l’université de Caen puis une maitrise de socio-anthropologie à la Sorbonne.

Il est ensuite certifié d’études diplomatiques, a étudié la psychologie sociale et l’administration et gestion des entreprises.

D’abord professeur de lettres, il se tournera vers le journalisme et après un poste de directeur-rédacteur en chef de la revue Vie Africaine, il fondera avec sa femme le magazine bilingue (français-anglais) l’Afrique Actuelle, publié de 1965 à 1969.

Un piège sans fin est son premier roman, paru en 1960. Plusieurs autres œuvres ont suivi parmi lesquelles Les Appels du Vodou, roman basé sur le fonctionnement d’un rituel vodou.

Il a été très actif dans sa vie et a reçu des distinctions telles que le Prix littéraire d’Afrique en 1966. Il a également été nommé Chevalier de l’Ordre national du Bénin.

Mon ressenti

J’ai commencé cette lecture avec une certaine excitation parce qu’il s’agit de l’un des romans de la liste à lire lorsque j’étais encore au collège/lycée. Ainsi, j’avais hâte de « rattraper » ce retard comme je le fais maintenant depuis 3 ans environ, en découvrant ou redécouvrant ce que j’appelle les Classiques Africains. Bien vite, j’ai commencé à peiner dans ma lecture…

L’auteur écrit indéniablement bien. Il manie la prose presque à la perfection. Il fait usage de termes et d’expressions à foison. Et c’est justement là, à mon avis que cela devient lourd. Ahouna était fils d’agriculteur-éleveur, il vivait bien sa vie avec ses parents et sa sœur avant que son père ne soit tué parce que ne voulant pas se plier à l’administration coloniale. Les temps furent durs après sa mort mais Ahouna et sa famille purent se remettre sur pied. Certaines parties de l’histoire auraient pu être narrées de façon directe mais avec le style d’écriture de l’auteur, je trouvais que cela prenait en longueur et je me perdais un peu.  

Puis lorsqu’il fit la rencontre d’Anatou, ce fut presque le contraire, leur relation évolua aussi vite que s’ils se connaissaient depuis des années alors qu’ils venaient à peine de faire connaissance. Le mariage fut célébré en un temps record et les enfants ne tardèrent pas à arriver. De mon point de vue, cela retirait une certaine crédibilité à l’histoire. Je veux bien que le coup de foudre existe mais j’aurais préféré que leur relation soit développée de façon plus lente et régulière. Je me suis demandé si cela avait été fait exprès pour mieux introduire la suite des événements. On pourrait se dire que s’étant précipités, les deux tourtereaux n’avaient pas pris le temps de bien se connaitre, ce qui provoqua leur mésentente quelques années après.

Du jour au lendemain donc, Anatou se mit à accuser Ahouna d’infidélité et à lui cracher à la figure des choses horribles. Bien que blessé, Ahouna préféra n’en toucher aucun mot à aucun membre de sa famille et décida de s’en aller pour ne pas lever la main sur son épouse. Mais une fois en route, affamé et assoiffé, à bout après tout ce qu’Anatou lui a fait subir, il s’en prit à une femme innocente avant de prendre la fuite lorsqu’il fut repéré. Là aussi, j’ai trouvé le comportement d’Ahouna assez inexpliqué. S’en suivront une incarcération et une mise à mort dont je ne parlerai pas plus pour ne pas dévoiler l’histoire entière dans mon article.

Ainsi, l’histoire se terminera sans que l’on ne sache pourquoi Anatou changea brusquement de comportement vis-à-vis de son époux ou encore tout ce qui a pu se passer dans leur commune depuis le départ d’Ahouna. Seul son beau-père et son beau-frère seront de nouveau mentionnés au cours des dernières pages mais sans nouvelles du reste de sa famille.

Toutefois, jusqu’ici, j’ai majoritairement évoqué les points d’insatisfaction de ma lecture mais il est à noter quand même qu’en tant que Togolaise, j’ai pu repérer certaines similitudes entre les deux peuples, notamment en ce qui concerne le langage ou la nourriture locale. C’est ainsi que j’ai pu reconnaitre un met dénommé « akpan » chez les gens du Sud au Togo en ce que l’auteur appelait « boules d’akassa » ou encore le « sodabi », un alcool obtenu par fermentation du vin de palme (issu du palmier à huile). Cela dit, ce n’est pas si étonnant lorsque l’on se penche un peu sur l’histoire de ces deux pays voisins.

Puis, pour moi qui souhaite lire le plus d’auteurs d’Afrique Noire, eh bien cela en fait un de plus même si je n’ai pas été emballé par le récit. Il faut se faire son propre avis. Pour ce faire, le livre est disponible ici.

Voilà, cet article prend fin ici. Prenez soin de vous et à bientôt.

Bisous.

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