Ava – Edwige Anthony

Titre complet: Ava : La fin d’une histoire d’amour dans une Afrique prospère et épanouie des années 2020-2030 – Edwige Anthony

Le livre et l’auteur

Ava et Balou, deux jeunes Togolais, se sont connus au collège avant de prendre chacun sa route vers d’autres horizons après le baccalauréat. Malgré des débuts timides, leur relation initialement amicale, évoluera progressivement vers quelque chose de plus profond avec la décision de maintenir ce lien en dépit de la distance séparant leurs nouveaux pays de résidence. Malheureusement, contrairement au fameux adage « loin des yeux, près du cœur », des mois de tensions au sein du couple, finiront par mettre fin à leur histoire… Quelques années plus tard, en l’an 2030, alors que le Togo – à l’image du Continent Africain – rayonne après le retour de ses enfants partis étudier à l’Étranger, Balou et Ava, ayant chacun refait sa vie, se retrouvent l’instant d’une soirée pour enterrer la hache de guerre…

Éditions : Lordson

Pages : 84 (format numérique – Kindle)

Essi Edwige Anthony est une jeune auteure Togolaise née à Lomé en octobre 1995. Après des études primaires et secondaires dans la capitale, elle s’envole pour le Canada en 2014 pour poursuivre ses études initialement en génie civil avant de se tourner vers le génie chimique. Malgré un parcours résolument scientifique, Edwige Anthony est une passionnée de littérature dans l’âme et porte fièrement ces deux casquettes. C’est également une passionnée de pâtisserie et elle aime passer du temps de qualité en compagnie de ses proches. Aujourd’hui, Edwige Anthony est titulaire d’un Bachelor of Applied Sciences in Chemical Engineering et vit à Montréal. Ava est son premier roman.

Mon ressenti

Pour commencer, il est important de préciser qu’Edwige Anthony est une amie de collège/lycée avec qui je suis toujours en contact. Cette œuvre met en avant une partie de sa vie. J’ai songé à écrire un article à la seconde où j’ai terminé ma lecture et c’est avec plaisir que j’ai accepté de le faire – de façon désintéressée – lorsqu’en plus, elle me l’a demandé. Il se peut donc que mon avis ne soit pas totalement objectif d’autant plus que certains moments de ma lecture ont été particulièrement agréables/drôles parce que faisant référence à des instants de notre passé au collège/lycée ou à des personnes connues dans la vie réelle. Passons maintenant à la suite.

En premier, le style de l’auteure. L’écriture est fluide, le rythme entraînant et donne envie d’en savoir plus sur cette histoire d’amour tourmentée. L’instant d’une soirée comme je le disais, l’on se retrouve à naviguer à travers les souvenirs des deux personnages principaux depuis le début de leur histoire jusqu’à sa fin. La narration n’est pas linéaire mais alterne passé et présent mais aussi divers points de vue en fonction de celui/celle qui parle sans jamais nous perdre étant donné que les lieux, dates et/ou personnages sont toujours mentionnés en début de chapitre ou en plein milieu lorsqu’un souvenir refait surface. Il y a peu de longueurs et l’on a vite fini de lire le roman.

Ensuite, passons au contenu et aux personnages. Le point de départ de l’œuvre est la soirée de commémoration de la fête de l’indépendance du Togo, le 27 avril 2030, après cinq années sous le régime du Président Balou Bakazi fraîchement réélu. Cinq années au cours desquelles le Togo connut une ascension fulgurante sur divers plans (économique, social, politique) avec la participation de ses enfants revenus de divers horizons en raison du Grand Rapatriement. En effet, après certains bouleversements socio-politiques à la suite des élections aux États-Unis et en France en 2016-2017, les Togolais résidant à l’Étranger avaient été contraints de retourner dans leur pays. Après une période de réadaptation difficile, ces derniers s’étaient mis au travail d’arrache-pied pour faire de leur nation un lieu où les écarts sociaux n’existeraient plus et où la population vivrait dans une sécurité financière et sociale. Le Président Balou avait donc souhaité marquer le coup à travers la « Nuit du Souvenir ».

Avawola Johnson, Ministre de l’environnement et des politiques de développement durable, non contrainte de retourner au Togo comme ses compatriotes vivant en France par exemple, avait quand même souhaité le faire pour participer à la reconstruction de sa chère patrie. En dehors de ses fonctions de ministre, elle s’était vu attribuer la tâche d’organiser la fameuse soirée de la « Nuit du Souvenir ». C’est ainsi qu’au cours du moment des réjouissances, où tout le monde était présent pour se divertir et où les barrières professionnelles étaient légèrement brouillées, elle ne put plus échapper à la confrontation avec son amour du passé, Balou Bakazi.

Ava et Balou sont deux personnages au caractère bien trempé et rien ne laissait supposer qu’ils pourraient tomber amoureux l’un de l’autre au vu des diverses anecdotes relatant leurs années au collège/lycée. Et pourtant, ce fut le cas et même la distance ne suffira pas à remettre en question cet amour qu’ils travailleront à faire grandir. D’ailleurs, j’ai été étonnée par l’implication d’Ava, jeune femme dynamique et indépendante, aux idées bien fermes, dans cette relation. Mais bon, on ne sait pas de quoi sont capables les gens lorsqu’ils sont amoureux. Balou, quant à lui et malgré son côté un peu macho, m’a également surprise par la réceptivité et la sensibilité dont il faisait preuve face aux nombreuses marques d’affection d’Ava. Malheureusement, le caractère un peu trop expansif de ce dernier et les difficultés de communication au sein du couple mèneront progressivement à leur rupture.

Quant aux personnages secondaires, j’ai bien aimé les personnalités des partenaires des deux principaux protagonistes, à savoir Maxance de Maréchal pour Ava et Maureen Nazembe pour Balou. Ils étaient tous les deux présents pour soutenir leur bien-aimé(e) dans leurs divers projets et n’ont manifesté aucune animosité envers Balou ou Ava respectivement en regard de leur relation passée. J’ai particulièrement apprécié le fait que Maxance, bien que Canadien ait accepté de se plier à certaines traditions comme la cérémonie de la dot avant d’épouser Ava (c’est à nous de faire respecter nos cultures et valeurs) et Maureen, bien que reine de beauté, n’ait pas été dépeinte comme l’archétype du « sois belle et tais-toi » mais comme une jeune femme à la tête bien faite et bien pleine.  

Ensuite, il faut noter qu’autant il est question d’une histoire d’amour, autant Edwige Anthony en profite pour nous peindre sa vision du Togo – et plus globalement de l’Afrique – dans les années à venir. Une Afrique « épanouie » dans le nouveau langage et non pas « développée » comme dans l’ancienne vision capitaliste du monde, qui n’aurait plus rien à envier au « Vieux Continent », l’Europe, qui elle se meurt. Tout est fait pour consommer local, des énergies renouvelables aux nouvelles technologies jusqu’à la mode, l’Afrique devient « The place to be » (un peu comme en ces temps de vous savez quoi où l’Afrique apparait comme la Terre Promise et où certaines personnes ont essayé de s’y ruer…). Tout cela en moins de dix années. Bien que cette vision m’ait semblé assez utopique au départ, je me suis ravisée en me disant que le rêve est ce qu’il nous reste lorsque l’on vient d’un Pays considéré comme « pauvre » et que celui-ci peut devenir le moteur de réalisations toutes plus exceptionnelles les unes que les autres. La jeunesse Africaine n’a que ses rêves pour la motiver à se dépenser au quotidien dans l’espoir d’un lendemain meilleur.

Enfin, je terminerai cet article avec les éléments qui m’ont le moins plu. Première chose, même si le récit inclut Maxance et Maureen dans sa construction, il n’en demeure pas moins une histoire centrée sur Ava et Balou, ce que j’ai un peu regretté. Par exemple, j’aurais souhaité voir un peu plus de la créatrice de MaDrey, sœur d’Ava ou des personnes qui ont été importantes pour eux dans leur vie à l’étranger. Seconde chose, le motif de rupture. J’ai eu l’impression qu’il a été simplement balayé sans nous en laisser percevoir les détails, ce qui a priori était une volonté de l’auteure. Troisième et dernière chose, la fin du roman. Je l’ai trouvée « parachutée », abrupte et difficile à rattacher au reste du contenu. Mais bon il s’agit d’un premier roman, soyons indulgents 😉

Voilà, cet article se termine ici. Pour un premier roman, il est plutôt réussi. N’hésitez pas à soutenir Edwige Anthony en vous le procurant en format papier ou numérique. Il est disponible ici. En attendant un nouvel article, prenez soin de vous.

A bientôt, bisous.

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