Le livre et l’autrice
Sillonner les routes du désert, dormir à la belle étoile, manger sur le pouce. Pendant plusieurs années, la vie des Walls a plus ressemblé à une aventure pleine de rebondissements qu’au quotidien stable et routinier d’une famille classique. Nés d’un père roublard et d’une mère rêveuse, manquant régulièrement à leurs responsabilités de base mais capables de stimuler intellectuellement leurs enfants, ces derniers sauront tirer leur épingle du jeu pour se bâtir un avenir loin de la misère. Devenue une journaliste réputée, Jeannette revient sur le parcours qui a fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui.
Editions : Robert Laffont
Pages : 374
Jeannette Walls est née en avril 1960 à Phoenix dans l’état de l’Arizona aux Etats-Unis.
Elle étudiera à l’Université de Columbia Barnard College et travaillera en tant que journaliste pour plusieurs médias.
Le château de verre (The Glass Castle en VO) paraîtra pour la première fois en 2005 et sera traduit en Français en 2007. Ce sera un best-seller. Elle est mariée à John Taylor (écrivain également) et vit dans le nord de la Virginie. (Sources : Google, Babelio).
Mon ressenti
Intéressant. Une éducation de Tara Westover m’a fait tellement d’impression que j’ai cherché sur le net une œuvre similaire, relatant le parcours d’une personne issue d’un milieu peu conventionnel mais qui a réussi à se construire une vie meilleure, lui correspondant plus. Et je ne fus pas déçue.
Armée de sa plume, Jeannette Walls nous raconte ses souvenirs de la plus petite enfance jusqu’à l’âge de jeune adulte, des nuits dans le désert à ses débuts en tant que journaliste à New York, en passant par ses années de lycée dans une ville perdue de Virginie Occidentale. Contrairement à Tara Westover, elle ne prend pas forcément de distance vis-à-vis de ses souvenirs et pointe ouvertement les incohérences et manquements de ses parents.
Ainsi, on apprend qu’ils sont 4 enfants en tout, Lori l’ainée, Jeannette la cadette, Brian le troisième et Maureen, la petite dernière.
Rex Walls, le père, a une addiction à l’alcool, est colérique, incapable de garder un boulot plus de quelques semaines, violent dans son foyer et voleur sur les bords. Rose Mary Walls, la mère a une formation d’institutrice, est talentueuse artistiquement, férue de littérature qu’elle transmet d’ailleurs à ses enfants, mais passe ses journées à rêvasser et néglige certaines choses essentielles comme la sécurité physique et matérielle d’un foyer.
Bien qu’ils donnent indiscutablement de l’amour à leurs enfants, les encouragent à penser librement, rêver grand (comme le projet de construction d’un château de verre énergétiquement indépendant, par le père) et ne pas forcément se conformer à toutes les règles de la société, le couple Walls manquait cruellement de jugeote pour leur assurer un toit, de quoi se vêtir et se nourrir. Ils semblaient laxistes et égoïstes sur les bords, recherchant d’abord leurs intérêts au lieu de penser au bien commun comme tout parent est censé le faire.
Aux côtés de la fratrie Walls, on découvre la misère, l’isolement social, le harcèlement chez les enfants lorsqu’on sort un peu de l’ordinaire, les répercussions des violences subies dans l’enfance sur les personnes qui deviennent elles-mêmes géniteurs un jour et la perte de confiance vis-à-vis de Rex et Rose Mary, figures d’attachement principal, jusqu’à la rupture qui sera inévitable.
Mais les enfants Walls nous font également une belle démonstration d’amour et d’union fraternels qui leur permettront de se hisser peu à peu du fossé dans lequel leurs parents semblaient les pousser. Conscients de la « particularité » de ces derniers, ils s’organiseront pour tenter de mener une existence digne, prendront leurs études au sérieux et brilleront à l’école pour se donner les moyens d’échapper de leur quotidien et contrer justement l’image dégradante que le couple Walls renvoyait. Ils prendront finalement même le relais à un moment pour faire tourner le foyer (notamment Jeannette) pendant que Rex et Rose Mary étaient partis on ne sait où encore une fois.
Sans surprise, j’ai été exaspérée et ulcérée par le comportement de Rex et Rose Mary Walls, même s’ils ont failli se rattraper à quelques reprises. J’ai été touchée par la relation entre Lori, Jeannette et Brian. Quant à Maureen, on la côtoie peu et lorsqu’on finit par parler d’elle, ce ne fut pas très glorieux.
Bref, j’ai passé un bon moment de lecture et je pense que les autobiographies, relativement romancées commencent à rejoindre les fictions historiques sur le banc de mon style préféré de lecture. Si vous avez déjà lu Le Château de verre, n’hésitez pas à partager votre ressenti. Sinon, je ne peux que vous inciter à le découvrir et revenir ici échanger dessus.
En attendant le prochain article, prenez soin de vous et à bientôt.
Bisous.

